Aboutissement froid, sombre et humide ou porte ouverte sur un nouvel univers
Cercueil sobre en sapin clair, recouvert de moult pelletées de terre fraîche
Et pardessus, une pierre froide, lisse, épaisse et lourde, si lourde
Comme si quelqu'un craignait de me voir ressurgir de parmi les morts
Et de le taquiner en le tirant pas les pieds ou le torturer durant son sommeil
Ces vaniteux qui imaginent qu'ils auront encore de l'importance à mes yeux vides
Comme si je ne mérite pas de me reposer, enfin...
Sans doute aurais-je une jolie épitaphe gravée dans la pierre
Quelques jolies fleurs, dommage qu'elles doivent mourir à cause de moi, après moi
Et puis, et puis...
Me voilà dans mon joli cimetière entouré d'un haut mur de pierres grises et humides
Un mur ! Je ricane, celui qui est là ne s'enfuira pas, celui qui n'y est pas n'y viendra pas.
Une grille en fer forgé, rouillée et qui grince a en éclater les dents
Et quand vient la nuit, la lune rousse étale les ombres des tombes outrageusement tapageuses de quelques bourgeois ventripotent se rendant compte tardivement que leur vie était si pingre en bonté et tentant de se racheter.
Des vierges en pleurs ou en prière, des crucifix démesurés, des anges aux ailes déployées et parfois brisées.
Tentatives insensées, désespérées et, j'espère vaines, de s'acheter un bout de paradis.
Dans la brume, les feux follets joueront à cache-cache, allant de tombe en tombe tels des âmes perdues et effrayant les adolescents qui tenteraient de démontrer leur courage en allant déambuler nuitamment dans le cimetière.
Et puis, et puis...
Les années passeront mais quelle importance peut bien avoir une année en cet endroit.
Les visites, pour autant qu'il y en ai eu, s'espaceront puis cesseront
Seuls quelques badauds tenteront de déchiffrer l'épitaphe rongée par le temps
La pierre tombale, recouverte de mousses se dissimulera dans les hautes herbes que plus personne ne vient arracher, depuis si longtemps et puis, une année, lors d'un hiver vigoureux, il gèlera à pierre fendre et ma pierre se fendra..
La neige fondue puis la pluie s'infiltrera jusqu'à mon misérable cercueil dont elle achèvera de faire pourrir le bois et enfin, après tant de décennies, peut être un siècle, un rayon de soleil viendra caresser mon crâne abandonné de ses cheveux.
Me voilà libre à nouveau... enfin libre... mais libre d'aller où.. je ne fais plus partie de ce monde... et puis je suis bien là... dans ma tombe.




